« Il Lingotto » à Turin, janvier 2018

Extraordinaire complexe industriel construit à partir de 1915 pour l’usine Fiat, complété jusqu’en 1930 et transformé par Renzo Piano en 1985.

La piste d’essais automobiles sur le toit, le bureau-salle de réunion sous cloche de l’ « Avvocato », Gianni Agnelli, les Alpes au loin.

De très jolis Matisse issus de la collection Giovanni e Marella Agnelli.

Play, à l’Opéra Garnier le 30 décembre

Extraordinaire ballet-théâtre signé Alexander Ekman.

La première partie est lumineuse sur une scène immaculée. Non seulement on est saisi par la beauté des décors, l’inventivité, la joie, l’humour perceptible de la chorégraphie, mais aussi par l’enthousiasme sans affèteries des danseurs, par la musique passionnante de Michael Karlsson, par la majestueuse chanteuse Calesta Day. Le livret est secondaire, la jubilation seule, compte. On retrouve des références célèbres, Bosch, par exemple, Degas et sa Petite danseuse, Neil Armstrong sur la lune…

La deuxième partie est un peu longue, mais on l’oublie au profit du final, magnifique retour à l’émerveillement d’enfance.

Après le spectacle, la salle vide, une promenade émerveillée sur le plateau en compagnie de Frédéric Vaysse-Knitter qui a joué avec talent tout en haut derrière les danseurs et derrière son piano blanc…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une réussite jubilatoire après un « Singing in the rain » au Grand-Palais » d’une lourdeur insoutenable! Le film de Stanley Donen est inimitable et les danseurs, Gene Kelly, comme le merveilleux Donald O’Connor, comme Debbie Reynolds ont atteint à la perfection. Après eux, plus rien n’est aujourd’hui possible.

 

Après le cours sur les Préraphaélites. Corinne Thimen la poétesse

LES PRÉRAPHËLITES OU LA VISITEUSE DU SOIR

 

Ce fut un soir étrange

Un soir où l’on côtoie les anges

Un soir pas comme les autres

Un soir… Pas un matin chagrin

où d’autres courent au cours comme de petits lapins.

 

Dans les brumes du vin blanc

Dans les brumes de la nuit

Nous pénètre l’ensorcelante poésie

comme seule a ce pouvoir étrange et pénétrant, la Nuit.

Bercés par les contes enflammés et magiques

de Danièle la Magicienne Epique

 

Dans les brumes de nos rêveries

la porte s’ouvrit

et nous la vîmes entrer

 

L’auréole rousse

de sa chevelure diablesse

encadrait d’une flamme

son ovale parfait.

 

C’était un être hybride

Une femme pourtant

D’aujourd’hui comme d’hier

d’Italie, d’Angleterre.

Elle flottait dans les airs

Ses atours magnifiques

faits de soie de satin et de broderies diverses

de fils d’or et d’argent

entraînaient avec elle

comme un parfum de fruits

comme un parfum de fleurs

entêtant, enfermant, étouffant

 

S’allongeant devant nous comme sur sa rivière

linceul de vase mortuaire

Nous regardant un à un

comme nous ensorcelant.

 

Elle était tour à tour la fiancée délaissée,

Miranda, Ophélie

héroïnes de Shakespeare

La tempête faisait rage

Notre sort se scellait

Dans sa boule de cristal

notre sort se lisait

 

Le parfum de ses plantes nous étouffait.

Les bras de végétation nous lacéraient.

Un à un nous sombrions dans ce charme

Un à un nous perdions notre âme

Un sourire d’éternité flottait

sur ses lèvres chlorotiques

Notre complexion prenait la pâle couleur

de la sérénité

Tandis que Danièle se demandait

pourquoi son cours avait tant dérapé

pourquoi notre fortune

épousait-elle la fortune de la Dame.

 

C’est cela la magie, Danièle.

2017 s’achevait

sur la promesse de l’Eternité.

 

Corinne Thimen

Décembre 2017